Nous vous invitons dès à présent à vous poser les bonnes questions, à clarifier ce qui vous anime et vous pousse à agir, ce que vous recherchez, la place que vous êtes prêt à accorder à votre engagement ou encore vos possibilités. Ce temps d’interrogation est indispensable. Il vous sera utile une fois confronté aux premières difficultés de l’action humanitaire ou solidaire.
Ce dont j’ai envie ? - Mes motivations, mon engagement.
Quelles sont les raisons de mon envie d’agir ? Qu’est-ce qui me pousse à vouloir aider ?
Que suis-je prêt à faire ? Quel temps y consacrer ?
Ce dont je suis capable ? - Mes capacités, mes compétences, mes aptitudes.
En quoi puis-je être utile ? Quelles compétences puis-je mettre au service des autres ?
Ou comment les acquérir ?
Ce que je peux faire ? - Organisations, profils, disponibilités, statuts…
Auprès de quelles personnes je souhaite m’engager ? Aux côtés de quelle organisation ? Comment dois-je postuler ? Les associations recherchent-elles des profils comme le mien ?
Après avoir franchi avec succès les étapes « motivations » et « compétences », il vous reste plus qu’à faire un point plus général sur vous-même. Le tableau ci-dessous peut vous y aider :
POSSIBILITÉS
CONTRAINTES
compétences connaissances personnalité
familiales financières géographique ...
Puis en fonction des résultats, vous pouvez définir un ou plusieurs projets en veillant à identifier pour chaque projet vos atouts (points forts) et vos lacunes (axes d’amélioration).
Ex : « Je peux visiter des personnes âgées en situation d’isolement dans mon quartier tous les mercredis après midi ». « Je peux partir effectuer une mission de volontariat pendant une année avant de reprendre mes études »…
Ce projet ne pourra aboutir que s’il est réfléchi et construit à l’aide d’informations précises délivrées par les associations elles-mêmes comme : les profils recherchés, la disponibilité requise, les valeurs à partager, etc. Enfin, pour ceux qui souhaitent postuler dans des organisations de solidarité internationale, le projet doit correspondre à un métier recherché, donc à des offres de poste.
Concernant le choix de l’organisation, il est important d’être en adéquation avec le projet et les valeurs portées par la structure.
Il faut également, en fonction de ses compétences, cibler une association qui sera susceptible d’être intéressée par votre profil. Pour les missions à l’international, sachez qu’il est en général difficile de partir dans le pays de votre choix. Une bonne connaissance d’une zone géographique ou d’une langue particulière pourra cependant être prise en compte par la structure au moment de l’affectation.
Enfin, pour les départs à l’international, vérifiez auprès des ministères concernés ou d’acteurs présents dans le pays le sérieux des organisations pour lesquelles vous souhaitez partir, ainsi que le contexte sécuritaire de la zone ou de la région concernée.
Les grosses organisations sont souvent gages de sérieux et de « professionnalisme ». Attention, ceci n’est pas forcément une qualité (antagonisme militantisme / professionnalisme). Celles-ci sont aussi bien plus figées sur leurs méthodes de travail et souvent sectorisées : elles vous laisseront en général bien moins d’autonomie.
Vous pouvez observer :
Le ou les objectifs globaux de l’organisation (organisations techniciennes ou globales : santé / éradication de la pauvreté par exemple) ;
Les valeurs défendues (éthique, standards professionnels, orientation religieuse…)
Les valeurs non affichées (croyances, vision des créateurs, humanisme, technologique, politique…)
Les bénéficiaires de l’action, qui sont-ils ? (réfugiés, femmes, enfants, zones rurales, minorités, crises oubliées…)
Les secteurs d’expertise (eau, éducation, développement communautaire…)
Les styles opérationnels (en direct, à travers la population, via des organisations locales…)
Les orientations programmes (urgence, développement, réhabilitation…)
Les ressources financières (bailleurs, mais aussi l’utilisation des ressources…)
Les zones géographiques d’interventions
Les partenaires locaux et internationaux
L’organisation et l’impact de l’action (rapport annuel)
La rémunération, l’indemnisation ou au contraire le coût pour les expatriés
Lorsque vous postulez, le CV et la lettre de motivation sont les deux éléments qui permettront au recruteur de cerner votre profil. Il est donc essentiel de les travailler avec soin !
Le CV (Curriculum Vitae)
Un CV est un document de communication personnelle (notion de marketing individuel) qui doit cependant rester votre portrait (il doit vous ressembler : vous serez le seul à le justifier, pensez y). Son principal objectif est de donner envie à un recruteur de vous rencontrer en entretien. Il faut donc en révéler juste assez sur vous pour qu’un recruteur vous apprécie et souhaite ainsi vous rencontrer.
Le CV est un peu comme une plaquette publicitaire : en dire juste assez pour que vous ayez envie d’aller voir le produit en magasin.
Comment les recruteurs procèdent-ils pour trier ces CV ?
En première lecture, un recruteur ne va accorder qu’un temps très court à la lecture (en diagonale) : en général moins de trente secondes. Il ne lira souvent la lettre de motivation que dans un second temps si le CV lui a paru intéressant.
Construction du CV
Tout d’abord, il est impératif de comprendre qu’un CV n’est pas un document figé. Comme une plaquette publicitaire, il s’adapte à une cible (il est donc mouvant et souvent multiple) : un recruteur d’une organisation donnée.
En règle générale, il y a deux types de construction de CV, qui sont :
Le CV ante-chronologique
Le CV par compétences ou CV thématique
Dans les deux cas cités, on retrouvera les mêmes rubriques :
Etat civil
Expérience(s)
Formation
Compétences (si CV par compétences) ou Thématiques (si CV thématique)
Informations complémentaires ou rubrique divers (les langues, les voyages, l’informatique, les hobbies…)
Dans un CV, comme dans tout autre document de communication, on peut considérer :
La forme
Le fond
Il est impératif de comprendre que les deux sont très importants et que s’ils sont étroitement imbriqués, il ne faut pas cependant les confondre ! Attention à la place de l’originalité sur votre CV ! N’est-elle pas le signe (pour un poste de « non créatif ») d’une confusion des genres ?
Le fond se compose de plusieurs éléments qui sont :
Le type de construction de CV (ante-chronologique, thématique, par compétences)
La validation des critères de pré-sélection
La description valorisante de l’expérience
La perception du recruteur
Les références (de plus en plus)
La validation des critères de pré-sélection
Souvent, les candidats oublient (ou ne savent pas) que les recruteurs ont des critères de pré-sélection. Suivant l’organisation et la fonction visées, ceux-ci peuvent être multiples et plus ou moins sévères (notions de critères discriminants). D’une façon assez générale, on peut envisager les critères suivants : Expérience avérée, formation, engagement associatif, langues…
Les points importants :
Un CV s’adresse à un recruteur, non pas à vous : discerner donc l’utile et l’accessoire pour lui
Soyez concret tout en restant concis
Quantifiez quand vous le pouvez (budgets, nb de personnes, responsabilités…)
Utilisez toujours la même structure littérale de présentation de l’expérience
Ne noyez pas le lecteur dans les détails (ni de lieux, ni de tâches…)
Traduisez votre expérience dans un langage compréhensible par le recruteur
Enfin, attachez-vous bien à décrire correctement vos fonctions, responsabilités et réalisations
Dîtes-vous bien que disposer de compétences ne suffit plus, parce que vous n’êtes pas le seul à avoir le profil ! Votre façon d’être est aussi primordiale !
La perception du recruteur
Après avoir lu votre CV, tout recruteur a une idée plus ou moins précise à votre sujet, ainsi que des interrogations. Il va soit vous convoquer en entretien (et vous pouvez considérer que vous avez fait la plus grosse partie du chemin), soit vous oublier, soit vous placer dans un vivier pour le cas où…
La lettre de motivation
Qu’est-ce qu’une lettre de motivation ?
La lettre de motivation accompagne votre CV et s’adresse à un recruteur. Elle est l’élément complémentaire* (la structure recherche des compétences particulières) ou principal (la structure recherche avant tout des gens motivés) suivant le type de structure à laquelle vous vous adressez. *Les recruteurs recevant de très nombreuses candidatures s’attacheront à la lire seulement si le CV les intéresse.
La lettre de motivation n’est pas une redite du CV : elle sert à démontrer votre compréhension et votre intérêt pour le poste. Elle se doit de mettre en avant vos atouts et à faire comprendre au recruteur l’adéquation de votre projet professionnel avec celui de la structure dans laquelle vous postulez.
Elle va servir comme votre CV à décrocher un entretien.
Construction de la lettre :
On peut considérer deux grands types de lettre de motivation :
La lettre en réponse à une annonce / offre
La lettre de candidature spontanée.
Il est plus délicat d’écrire une lettre de candidature spontanée qu’une lettre en réponse à une offre : vous allez devoir vous renseigner fortement sur la structure à laquelle vous envoyez votre courrier et faire un peu comme si vous répondiez à une offre. En effet, même s’il n’y a pas d’offre visible, vous devez cependant répondre à un besoin. Des postes et des fonctions existent dans la structure visée.
S’il n’y a pas de plan type d’une lettre, vous devez cependant respecter quelques règles de bon sens : l’erreur la plus fréquente étant de ne parler que de soi, en oubliant la structure à laquelle on s’adresse. Une lettre reproductible dans son intégralité pour une autre structure démontre une erreur de construction sur le fond. En effet, il est impératif qu’à un moment, vous expliquiez à la structure, pourquoi vous lui envoyez à elle votre candidature.
Afin de faciliter la construction de la dite lettre nous vous proposons de réfléchir et de développer les points suivants :
Elle - qui est la structure ? (ses valeurs, ses métiers, ses modes d’intervention) – cette étape se trouve simplifiée dans le cas d’une offre de poste. Vous devez vous renseigner de manière proactive s’il s’agit d’une candidature spontanée. Si vous oubliez de parler de la structure dans votre lettre, le recruteur aura l’impression que vous avez fait un « copié/collé » d’une autre lettre, adressée à une autre structure.
Vous - Quelles sont vos motivations pour cette structure et pour ce poste ? Quelles sont les compétences qui intéressent la structure ? Qu’allez-vous apporter ? Il s’agit souvent de la partie la plus longue. Vous devez amener ici des éléments complémentaires à votre CV, sans tomber dans le piège de la redite du CV.
Vous ensemble avec elle - Vous devez faire comprendre dans cette partie en quoi la structure a un intérêt à vous recruter vous. Vous allez ici défendre l’idée de votre compatibilité (compétences mais aussi et surtout valeurs). Vous devez vous attacher à parler d’avenir, non pas de votre passé.
Quelques conseils :
Soyez concis, tout en étant concret.
Restez constructif
Posez vos idées avant de rédiger
Soyez cohérent : visez un poste qui existe et qui reste dans vos compétences. Exemple : travailler dans un pays anglo-saxon implique quasi impérativement que vous parliez l’Anglais.
Vous démontrez les choses, vous ne les affirmez pas
En France, c’est la méthode la plus utilisée en recrutement. Sous le même vocable, se côtoient des pratiques très diverses, depuis la discussion à bâtons rompus avec un membre de la hiérarchie jusqu’au dialogue bien préparé conduit par un spécialiste.
Dans les grandes organisations, nous sommes passés à des chargés de recrutement dont c’est devenu le métier.
L’acte de recrutement reste avant tout une affaire entre l’employeur et le candidat ; c’est à partir de leurs échanges respectifs qu’ils décideront ou non, de concrétiser par une embauche. Cependant, les objectifs et les attentes de chacun sont différents.
Plus vous aurez réfléchi sur votre projet, sur la manière de parler de vos expériences et de vos motivations, mieux sera préparé votre entretien.
Voici ici quelques rappels :
L’entretien est un moment qui permet :
A l’organisation :
de faire votre connaissance, elle va s’intéresser, à vos compétences professionnelles, votre motivation, votre personnalité, votre capacité à réagir, à répondre aux questions, à proposer vos services, à votre connaissance de l’organisation et de l’environnement humanitaire.
A vous :
de faire passer votre message, de mettre en valeur vos atouts, de préciser votre projet, de comprendre ce que votre interlocuteur recherche.Bien écouter.
Comment se préparer :
Préparez votre projet
Entraînez-vous à l’entretien
Répondez par écrit à des questions qui pourraient vous être posées
Comment se passe l’entretien :
En général très simplement, c’est avant tout un dialogue.
Quelques conseils
Renseignez vous sur l’organisation avant et sérieusement
Sachez vous présenter
Connaissez bien votre parcours (vos réalisations)
Si une question vous paraît vague ou que vous ne la comprenez pas, n’hésitez pas à demander des précisions
Mettez vous à la place du recruteur et demandez vous ce qu’il cherche (avant l’entretien)
Soyez souriant et regardez votre interlocuteur
Vous vous devez d’être cohérent, concis, constructif et concret (règles des 4C)
Aujourd’hui, les ONG internationales recherchent des « professionnels engagés ». Souvent, la seule motivation ne suffit pas.
Le terme « professionnel » fait référence à des compétences avérées et à une ou des expériences (que celles-ci soient salariées ou non).
Le terme « engagé » signifie au minimum que l’attrait pour le secteur de la solidarité internationale ne doit pas relever d’une fuite quelconque et souvent de motivations prouvées par un engagement bénévole antérieur, que cela soit en France ou ailleurs.
Suivant l’ONG et suivant le type de mission, il existe très souvent des postes et fonctions types (logistique, administration, projet…). Une bonne manière de le constater est d’étudier les offres de postes disponibles sur les sites spécialisés.
Une connaissance de ces fonctions est souvent primordiale (avoir exercé au moins une fonction transposable). Les profils généralistes s’ils sont intéressants, ont souvent du mal pour débuter.
Il faut aussi comprendre que bien souvent, les postes en ONG internationales nécessitent d’encadrer des équipes locales et de gérer des budgets, parfois conséquents. Une expérience dans ces deux domaines est souvent demandée.
Pour ceux qui disposent d’un métier relativement transposable, on demandera fréquemment une expérience de l’expatriation (séjours à l’étranger, voyages, expérience de l’interculturalité…), très souvent aussi un niveau de langue (Anglais et/ou Espagnol) convenable.
De plus, l’informatique est un outil de base que chacun se doit de maîtriser un minimum suivant les fonctions (un administrateur, plus qu’une infirmière par exemple)
Enfin, les ONG vont aussi s’attacher à rechercher des qualités / caractéristiques particulières concernant la vie en groupe, la gestion du stress, le caractère et les valeurs personnelles qui se doivent d’être compatibles avec l’organisation (par exemple, si un peu d’idéalisme ne peut nuire, un excès par contre lui, est préjudiciable).
Pour les plus grosses ONG, l’âge est souvent aussi un critère de sélection (elles demandent souvent au moins 25 ans).